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La semaine dernière, nous apprenions que la Cour d’Appel de Paris avait confirmé le licenciement de l’employée de Baby Loup pour port du hijab.

Les magistrats ont tranché en faveur de la direction de la crèche, affirmant que le port du hijab était un motif valide pour licencier l’employée. Après un long combat, des rebondissements et manipulations judiciaires, les juristes de la Cour, faisant preuve d’un manque d’impartialité annulent l’arrêt de la Cour de Cassation qui donnait tort à la crèche d’avoir licencié leur salariée du secteur privé. La Cour de Cassation avait alors qualifié ce licenciement de « discriminatoire ».

Manuel Valls qui avait regretté l’arrêt de la Cour de Cassation, s’est maintenant réjoui de cette controverse juridique. Selon lui, il s’agissait d’une atteinte à la laïcité, et voulait même proposer une loi pour interdire les employées, même celles du secteur privé, qui sont en contact avec des enfants de travailler avec le hijab. « Laïcité, c’est un bien commun, elle apaise, elle rassemble, et c’était un combat juste ». C’est en ces mots que le Ministre de l’Intérieur s’était exprimé au cours d’une interview le 28 novembre dernier sur France Inter, au sujet de cette affaire tant médiatisée.

Cependant, le terme laïcité semble sans cesse instrumentalisé, afin d’empêcher les musulmans de pratiquer leur foi tranquillement. De plus, la laïcité est toujours mentionnée lorsqu’il s’agit de l’islam et de ses fidèles. Ces deux mots sont désormais liés. Et sans doute que tout le monde en est conscient. Lorsque les musulmans prient dans les rues, et espaces publics, faute de place dans les mosquées, on parle de violation du principe de laïcité, mais lorsque d’autres communautés célèbrent leurs fêtes religieuses dans ces mêmes espaces publics, les autorités politiques ne voient aucun inconvénient.

C’est le cas actuellement, avec la célébration de la Hanouccah, fête juive. Partout en France, des allumages de chandeliers géants installés pour l’occasion ont lieu sur des places publiques. S’en suivent, chants religieux et prières et ce durant plusieurs soirées consécutives, entre le mercredi 27 novembre, et le mercredi 4 décembre.

A l’instrumentalisation constante du terme laïcité et son rapprochement avec l’islam, s’ajoute à cela, une laïcité à double vitesse. Nous déplorons cette politique de deux poids deux  mesures, et la différence de traitement entre les différentes communautés religieuses. La classe politique se moque vraiment de la communauté musulmane. Des arrangement communautaires oui mais pour tous.