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Une architecte souhaite offrir à Athènes sa première mosquée. Les musulmans pourraient enfin prier dans des conditions descentes

Après les récentes[intlink] attaques virulentes qu\’ont subit les musulmans[/intlink] grecs de la part de militants identitaires lors de la prière de l’aid al Adha à l’Attaki Square, cette nouvelle pourrait redonner du baume au coeur.

L’architecte Zaha Hadid souhaite offrir à Athènes sa première mosquée.

Mercredi dernier, l’Agence de Presse grecque (Ana) a fait savoir que Zaha Hadid, architecte anglo-irakienne, a déclaré vouloir réaliser gratuitement une mosquée à Athènes. La première mosquée qui sera peut être inaugurée dans la capitale grecque, l’une des seules capitales européennes à ne disposer d’aucune mosquée, ou lieu de culte officiel pour les musulmans qui y vivent.

Malgré les maintes requêtes auprès du gouvernement grec pour la construction d’une mosquée ou d’un lieu de culte musulman à Athènes, depuis plusieurs années déjà, aucune d’entre elles n’aura concrètement abouties. L’Etat grec avait pourtant donné son feu vert en octobre 2007 pour ériger une mosquée dans le quartier d’Eleonas à l’ouest d’Athènes, qu’il s’était même engagé à  subventionner. Mais celle ci n’aura jamais vu le jour, sous la pression de l’Église orthodoxe et d’activistes nationalistes qui s’étaient ouvertement opposés à un tel projet.

Jusqu’à présent, ces nombreux rejets ont obligé les musulmans grecs, dont une partie sont immigrés à prier dans des immeubles insalubres laissés à l’abandon, ou sur la place publique comme ce fut le cas pour la prière de l’aid al Adha 1431/2010. Les seules mosquées présentes sur le territoire sont concentrées à Thrace, au nord est du pays, qui compte environs 300 mosquées pour une population à majorité d’origine turque.

A dominante chrétienne orthodoxe, la Grèce voit d’un mauvais oeil cette proposition

L’architecte Zaha Hadid, celèbre pour ses créations architecturales modernes, dont la dernière fut le musée d’art contemporain à Rome, a fait l’objet d’un vif débat dans le pays suite à  sa proposition, précise l’Ana. La Grèce dont les pouvoirs ecclésiastiques et étatiques ne sont pas séparés (contrairement à la France depuis la loi de 1905) voient ses décisions politiques être encore beaucoup influencées par l’Église orthodoxe. Retardant ainsi la concrétisation de ce genre d’initiative, surtout lorsqu’elle concerne l’Islam.

Car selon les statistiques officielles, plus de 90% des habitants en Grèce sont de confession chrétienne orthodoxe sur un total d’environs 11 milions d’habitants, sans compter le nombre croissant de partisans nationalistes à tendance islamophobe. Le reste de la population grecque n’englobe que quelques minorités religieuses, telle que la communauté musulmane composée de près d’un millions de fidèles.

Espérons seulement que cette fois ci sera la bonne insha Allah, pour les milliers de musulmans athéniens qui attendent encore de pouvoir se réunir au sein d’un lieu de culte digne de ce nom.