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J'ai embrassé l'Islam il y a un an et demi, walhamdoulillah. Je précise d'emblée que mon père est musulman, mais que ma mère est protestante. Alors, me direz-vous, tu n'es pas convertie. Et bien si, puisque j'ai goûté au protestantisme pendant près de 10 ans, qu'Allah me pardonne. Je suis donc née musulmane, mais je n'ai pas reçue d'éducation islamique, ce que je regrette profondément, ni aucune éducation religieuse d'ailleurs. Ma mère, qui, quoique protestante tend plutôt vers l'athéisme, nous a donc fait baptiser mon petit frère et moi alors que j'avais 10 ans, pour faire plaisir à sa famille et "faire comme tout le monde" je suppose. Ma grand-mère s'appliquait d'ailleurs à m'emmener à l'Eglise, me faire lire la Bible et me faire apprendre par coeur certains passages... Néanmoins, rien n'y faisait, je ne croyais pas en Dieu. Lorsque je suis entrée au lycée, j'ai retrouvée une amie musulmane, que j'avais perdue de vue, et nous sommes devenues meilleures amies. Pendant les 3 années de lycée, nous avons donc évoqué de temps en temps le thème de la religion, sans pour autant nous attarder dessus, vu le peu d'intérêt que j'y portais. A cette époque, je m'entourais d'ailleurs volontairement de musulmans, parce que je savais qu'ils étaient différents des autres, qu'ils ont certaines valeurs, et des principes qui les empêchent de faire certaines choses, et qui leur fixent des limites. Cela me convenait totalement puisque, bien que mon père ne soit pas pratiquant du tout, il tenait quand même à préserver certaines valeurs musulmanes, telles que la courtoisie, le partage, le respect... Je me sentais donc bien au milieu des musulmans. J'aimais les musulmans pour leur caractère, mais je n'aimais ni l'Islam, ni Allah. D'ailleurs je n'étais même pas convaincue de son existence.

Après avoir reçue une overdose de la culture occidentale, j'ai donc décidé de m'intéresser un peu à l'Islam, mais rien à voir avec Dieu. Je voulais simplement me renseigner sur les pratiques, et les coutumes des musulmans, puisque je les côtoyais. Ensuite je me suis trouvée dans une période, qui je l'admets, était assez bizarre, où je ne m'identifiais plus à la culture européenne, ni complètement à l'Islam, mais je me sentais quand même différente. Je me souviens d'ailleurs que mon amie me faisait répéter avant chaque épreuve du baccalauréat « la hawla wa la qouwata illa billah ». Ne comprenant pas totalement le sens de cette phrase, qui est pourtant une clé du Paradis sobhanAllah, je répétais après elle dans un accent pour le moins médiocre. D'ailleurs, elle m'avais invitée à passer les vacances d'été avec elle en Algérie. Mon père, qui m'avais d'ailleurs d'une certaine manière coupée de son pays et de sa culture dans son effort d'intégration (ou d'assimilation) à la société française, a refusé catégoriquement. Après des semaines d'effort de persuasion, j'ai quand même obtenu l'autorisation de passer les vacances au Maroc, où je n'avais pas mis les pieds depuis 8 ans, bien que j'y étais née. Mes souvenirs du Maroc, bien qu'intacts, renvoyaient plutôt à la beauté des paysages, à la cuisine délicieuse, etc... Quelle fut ma surprise lorsque je retrouvais ma famille très pratiquante, dont les femmes étaient à présent voilées. Je me suis dit « voilà l'occasion pour en apprendre plus (notamment sur la salât). » Je tiens ici à rappeler que la meilleure da'wa qui soit, c'est le bon comportement. Il ne sert à rien de débattre avec un athée ou un chrétien si notre comportement à la base n'est pas celui d'un bon musulman. Ceci dit, j'ai donc réellement pu "observer" l'Islam dans la pratique.

Un soir, alors qu'une amie finissait sa prière de l'icha, je lui ai donc dit que je voulais apprendre à prier aussi. Je venais donc lui dire indirectement mon désir de conversion. Moi, je ne ressentais pas grand chose, puisque je m'identifiais à l'Islam depuis longtemps, mais quelle fut leur joie! J'ai donc commencé le jeune du mois de Ramadhan avec eux au Maroc, pour ensuite le finir en France. Mes parents, à l'époque ne s'inquiétaient pas. Pas encore. J'ai donc commencé à me procurer des livres pour en apprendre plus sur ma nouvelle religion. Mais je ne croyais toujours pas en Allah! Je me souviens du jour où j'ai acheté mon premier Qur'an. Je me suis rendue dans la librairie du coin, et après avoir payé mon Coran de poche en 2 tomes à 15€, je le tenais fermement avec mes deux mains, comme pour l'empêcher de m'échapper. Je tenais enfin le Savoir, la Vérité entre mes mains, et j'avais hâte de l'acquérir. Je me souviens être restée tard la nuit pour le lire, tellement il me  « nourrissait » ; il nourrissait mon esprit. 19 ans que j'en avais besoin, je dévorais donc les pages de ce Livre avec appétit. C'est d'ailleurs au cours de cette lecture intense que j'ai reconnu l'existence d'Allah subhana wa ta'ala. Après cela, il m'a fallu quelques mois pour réellement commencer à pratiquer ma religion car je ne l'ai pas d'emblée prise au sérieux.

A présent, je porte le voile depuis près de 2 mois, walhamdulilah, ce qui m'a causé, c'est le moins que l'on puisse dire, quelques problèmes avec ma famille. ma mère, qui ne m'a pas adressé la parole pendant des semaines est complètement scandalisée par « cette pratique barbare, qui date du Moyen-Âge ». De son côté, mon père totalement « westernisé » qui voyait déjà sa fille parfaitement « intégrée » au modèle français, avec réussite professionnelle en prime a été profondément déçu. Tous deux refusent catégoriquement de sortir en public en ma compagnie. Je regrette d'ailleurs les coups de fils de mon petit frère me disant de venir le chercher au lycée, mais tout ça n'est rien comparé à mes obligations, qui sont indiscutables. Maintenant, j'ai pris Allah comme allié et le Sheytan comme ennemi, déterminée à remplir ma mission du mieux que je peux, aspirant au Paradis et craignant l'Enfer.

Allah subhana wa ta'ala dit (traduction rapprochée) :

« Alif, Lam, Mim Est-ce que les gens pensent qu'on les laissera dire : "Nous croyons !" sans les éprouver ? Certes, Nous avons éprouvé ceux qui ont vécu avant eux; [Ainsi] Allah connaît ceux qui disent la vérité et ceux qui mentent. » (s 29, v 1-3)


Donc, à tous ceux qui, en voulant pratiquer leur religion se heurtent au rejet de leur famille, et à toutes les soeurs qui, en portant le voile, doivent faire face aux regards et remarques désagréables, sachez que vous êtes sur la bonne voie, et Allah sait mieux.

Mouna

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