Au nom d’Allah, l’Infiniment Miséricordieux, le Très-Miséricordieux

La quête de spiritualité d'Élodie l'a conduite vers l'Islam


Élodie (Cheima), 25 ans, 2 enfants. J'ai embrassé l'Islam au mois de juin 2007, je venais d'avoir 21 ans. Je vivais alors seule à Paris en formation de chanteuse lyrique au conservatoire de Paris. L'opéra était ma passion depuis petite et j'étais déterminée à en faire ma carrière professionnelle. Je travaillais parallèlement dans une boutique de prêt-à-porter pour pouvoir payer mon loyer.


Comment je suis arrivée à l'Islam ?


Je peux dire que j'étais en quête de spiritualité à ce moment-là de ma vie ; j'avais aussi beaucoup de questionnements sur la place de l'Islam en France et je me posais à moi-même : qu'est-ce que l'Islam ? N'ayant pas grandit avec des musulmane(s), j'étais fort ignorante. En fait tout est allé très vite, d'abord des recherches sur internet, puis j'achète à la foi le Coran et un gros livre de philosophie. Ce fut Platon qui arrêta mon attention avec La Caverne : l'homme enchaîné qui a le choix de rester dans cet état ou bien de se libérer en allant vers la lumière. Au fur et à mesure de ma lecture du Coran, je ressentais la Lumière d'Allah (glorifié et élevé soit-Il).


Je commençais à avoir un autre regard aussi bien sur mes proches que sur les gens dans la rue. Je me disais que je n'etais pas comme eux, les même discussions que je tenais avant m'exaspéraient depuis que je decouvrais la foi musulmane. Je sentais alors un fossé se creuser avec ma famille et mes amis tant dans nos modes de vie, nos centres d'interets, que notre vision de la vie. Ma foi grandissait de plus en plus, et je peux dire que mes débuts dans l'islam étaient plutot facile, el-hamdoullilah. Je vivais la douceur de la foi, la proximité avec Allah (glorifié et élevé soit-Il), je sentais comme une bulle que personne ne pouvait pénétrer.

La prière dès le début ?

Oui très rapidement je suis allée acheter livres et cd à Paris, quartier Couronnes pour apprendre la prière. Je me faisais des fiches sur lesquelles j'inscrivais la phonétique en arabe. Je faisais la prière toute seule chez moi mais seulement de temps en temps. Et puis l'été approchait et je voulais faire un voyage pour me rapprocher d'avantage des pratiques de l'Islam. Après avoir longuement hésité entre la Turquie, le Maroc et la Tunisie, je choisis la Tunisie car c'était la destination la moins coûteuse. Je suis donc partie avec une amie, qui ne s'est pas convertie mais qui m'avait beaucoup soutenue et respecté dans ma nouvelle vie de musulmane. Je voulais absolument partir dans un pays musulman pour apprendre la prière. El-hamdoullilah, j'ai rencontré une famille pratiquante avec qui nous avons echangé sur l'Islam ; j'étais assoiffé de savoir et voulais pratiquer le mieux possible ma religion. C'est à la fin de l'été que je commençais à faire la prière régulièrement. Je me souviens devoir les regrouper souvent le soir car je cachais ma foi à mes collègues.

La réaction de mes parents

Ils n'ont pas compris, ils étaient choqué. Ils n'ont pas accepté et nous étions en conflit à cause de leurs craintes pour moi et leurs a priori sur l'Islam. On a vécu beaucoup de tension pendant trois années. C'était très difficile pour moi car j'ai toujours été très proches de mes deux parents et ils m'ont toujours porté beaucoup d'amour. Le plus difficile était de mener une relation à distance avec eux (car ils habitent le sud de la France) ; c'est à dire que la distance augmentait leurs craintes. Maman était convaincu que j'avais été « endoctrinée » et moi de l'autre côté du téléphone qui essayais maladroitement de la convaincre que je m'épanouissais dans l'Islam, que c'était la religion de Vérité. Puis venait le moment de se voir, alors là tout explosait !  « Pourquoi ce voile sur ma tête, pourquoi afficher ma religion, pourquoi  être soumise ? », etc... Cétait devenue très dur de voir ma famille, nous nous faisions du mal car tout le monde refusait mon choix de porter le voile... Au moment où l'on attend un petit soutient, une phrase de réconfort du genre « c'est ton choix, je le respecte » et bien c'était plutôt des moqueries, un regard agacé et de honte que je prenais en pleine face. Après j'ai pris du recul pendant un an, c'est à dire que je gardais les liens bien sûr avec ma famille mais au telephone seulement.

C'est vraiment très récemment après la naissance de mon deuxième enfant, ma petite fille Hafsa, que el-hamdoullilah tout s'est débloqué. Maman accepte de sortir avec moi portant mon hijab [voile] ! Aujourd'hui nous ne sommes plus dans le conflit. La douceur s'est re-installée entre nous car il y a toujours eu beaucoup d'amour entre maman et moi. Disons aussi que j'ai changé à son égard, je ne cherche plus à la convaincre de la Vérité de l'Islam... Je remercie intensément mon mari qui a toujours été d'un grand soutient et réconfort dans les difficultés avec ma famille.


Maintenant que je suis mariée, des enfants,

la pratique de l'Islam est-elle difficile pour moi ?


En fait, j'ai eu deux enfants rapprochés et pendant deux années ma foi était menée à rude épreuve. Que Dieu me pardonne. Des soucis de santé après mon premier bébé, d'anémie, une forte fatigue. Une nouvelle vie... Je réalise que je deviens maman que c'est sur moi qu'on devra compter à présent. Les soucis avec ma famille : « Vont-ils choisir de ne plus me voir ? » C'est après la naissance de ma fille que je me suis reprise en main, el-hamdoullilah. J'ai compris que c'est avec de l'organisation et des programmes que l'on avance vraiment. On se donne toujours des excuses pour se rassurer mais j'ai deux enfants 21 mois et 6 mois et c'est tout à fait possible de trouver du temps pour adorer Allah (glorifié et élevé soit-Il), lire, s'investir dans la commmunauté etc... Une volonté forte que Allah m'a accordé. El-hamdoullilah...



Un petit mot pour les soeurs et les frères nouvellement convertis :


Je n'avais pas de recul lorsque je me suis convertie, j'étais dans l'émotion, la passion et j'oubliais que je m'adressais à mes parents qui eux n'ont pas la foi et ne comprenaient pas mon choix, donc je dirais aux soeurs et aux frères qui viennent d'embrasser l'Islam de parler avec douceur avec leurs parents, de ne pas chercher à les convaincre surtout et aussi d'assumer ses nouvelles convictions comme un exemple pour moi : faire la bise c'est très banal lorsque l'on est pas musulman et donc dans ma famille j'ai pas posé cartes sur table de suite, je faisais encore la bise à mes beaux frères et mon mari à mes soeurs, tout cela pour leur montrer qu'on est pas « extremistes » ! Enfin bref c'est un cercle vicieux pour dire que les choses doivent être assumées dès le debut même si cela doit  les choquer, etc... Mieux vaut faire les choses de suite.

En fait, c'est Allah qui facilite en multipliant les invocations...


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