عربي - Deutsch - Française - Português - Español - - Italiano - русский

A l’occasion de la commémoration de la Première Guerre mondiale, le Président François Hollande s’est rendu hier à la Grand mosquée de Paris pour rendre hommage aux combattants musulmans.

Le Président a prononcé un discours, puis, a inauguré un monument en mémoire aux musulmans tombés pour la France. Manipulation, et récupération de l’électorat musulman ont été dénoncées par certains. Des représentants musulmans ont quant à eux demandé au Président de traiter la question du climat islamophobe qui règne actuellement. Globalement, les musulmans souhaitent que des mesures concrètes soient prises pour le respect de ceux qui sont « vivants ».

Pour Hollande, »la France n’oubliera jamais le prix du sang versé »

En s’adressant aux musulmans présents, le Président français a déclaré que la France avait une« dette à leur égard » et a ajouté  que la « France n’oubliera jamais le prix du sang versé ».

Suite au discours, le Président français a inauguré un monument en mémoire des soldats musulmans morts durant les deux guerres mondiales, dans l’enceinte de la Grande Mosquée. Une borne interactive avec le nom des soldats musulmans morts pour le pays, sera prochainement mise en place, et chacun pourra retrouver ses ascendants avec cet outil. Selon le Ministère de la Défense, durant la Première Guerre mondiale, environ 70 000 musulmans ont perdu leur vie sur le champ de bataille.

Beaucoup ont apprécié le geste du Président qui a employé des mots forts pour rendre hommage aux musulmans morts pour la France. La France a évidemment une dette envers ces combattants. Malheureusement, leurs descendants en France manquent de reconnaissance et sont parfois encore traités comme des étrangers, alors qu’ils sont des citoyens à part entière.

Rendre hommage aux morts certes, mais ne pas mépriser les « vivants »

« Même si ce n’est pas nouveau, c’est bien que François Hollande rappelle à nouveau à ceux qui rejettent les musulmans que des milliers d’indigènes sont morts pour la France et d’ajouter. Il faut aussi qu’il se saisisse de l’occasion pour échanger avec nous sur le climat actuel inquiétant ». C’est en ces termes que Abdellah Zekri, président de l’Observatoire de l’islamophobie, et membre du CFCM, s’est exprimé au sujet de la visite du Président, pour lui rappeler le climat anti-islam qui règne.

Beaucoup de musulmans attendent des mesures concrètes de la part du Gouvernement français car jusqu’à présent, aucune mesure n’a été prise pour lutter contre l’islamophobie. Pourtant, les faits sont là. En effet, selon l’observatoire, 266 actes islamophobes ont été enregistrés rien que pour l’année 2013, soit une hausse de 11,3%. Insultes, préjugés, agressions, discriminations, ces actes visent majoritairement les femmes. D’ailleurs, ces chiffres sont bien en dessous de la réalité, car des actes n’ont pas été dénoncés, et donc répertoriés. L’image de l’islam en France est ternie : un sondage de l’IFOP affirmait que 73% des français avaient avoué avoir une image négative de l’islam.

Sur ce point, François Hollande avait évoqué cette question des actes anti-islam, en rappelant l’exemple de la mosquée de Blois profanée la semaine dernière. Mais, les musulmans attendent des mesures concrètes contre ces agissements, et une égalité de traitement. Des gestes qui iraient au delà des paroles.

Pour certains, comme le vide-président du FN, Louis Aliot, cette visite est une « grossière tentative de manipulation ». A noter que cette visite a lieu à un mois des élections municipales. L’électorat musulman n’est pas à négliger pour les élites politiques, et bien le traiter, pourrait faire gagner des voix, d’autant plus que les musulmanes auraient été nombreux à voter gauche aux dernières élections, mais les récentes questions sociétales (mariage pour tous, théorie du genre, etc) pourraient faire perdre des voix à la gauche. François Hollande a donc précisé que l’«islam de France» et son «message d’ouverture» étaient «parfaitement compatibles avec les valeurs de la République». Le PS nie toute volonté de récupération de l’électorat musulman.